Ce travail documentaire s'adresse aux acteurs institutionnels publics ou privés (communautés de communes, parcs naturels, bureaux d'étude, ...) ayant la charge de faire l'état des lieux d'un territoire à un moment donné. Les occasions peuvent être multiples : révision du SCOT ou PLU, mise en valeur d'une identité commune en cas de regroupement administratif, suivi paysager d'une zone aux enjeux sensibles …

Un observatoire photographique du paysage consiste en un mode opératoire défini par le ministère du développement durable et de l'aménagement du territoire permettant le suivi temporel de l'évolution d'un paysage par la re-photographie de points de vues identifiés préalablement, avec des caractéristiques de prises de vues (emplacement précis, position de l'appareil, réglages) répertoriés donc reproductibles.

Inscription dans le paysage de l'Autoroute A89.

Chaque commande est définie pour mettre en valeur les caractéristiques précises d'un territoire selon un cahier des charges prédéfini. Nombreux sont les domaines qu'une photographie est susceptible de renseigner. Les informations présentes dans l'image peuvent être multiples :
- Représentation de la trame verte et bleue (représentation des habitats concernés et des corridors biologiques)
- Points d'intérêts patrimoniaux définissant l'identité d'un territoire (historiques, géographiques, naturels)
- Aménagement du territoire (infrastructures, répartition résidentielle, loisirs, activité économiques)
Une image chargée d'information est susceptible de renseigner sur l'interconnexion entre différents thèmes. Son intérêt iconographique peut être multiple.

Paysages concentriques : Analyse du territoire en cercles de 4 km de rayon centré sur un point donné. Métropole de Lyon : quartier des Minguettes inscrit dans le 2ème cercle concentrique centré sur la Part-Dieu.

Avant les prises de vues, une analyse cartographique, un échange avec les commanditaires, ainsi qu'un minimum de documentation permet de cibler efficacement les lieux à photographier.
Ceux-ci sont sélectionnés en fonction de leur pertinence, leur représentativité et leur répartition, afin de constituer une vision globale du terrain d'étude.

Limite de corridor biologique à Francheville (69)

Si nous prenons en exemple l'image ci-dessus. Cette photographie représente la limite du corridor biologique constitué par la zone boisée en bordure du ruisseau Charbonnière, première zone verte en sortant de l'agglomération lyonnaise en direction de l'ouest.
Plusieurs éléments sont à constater :
- Habitat résidentiel pavillonnaire délimité par du grillage et des murs, constituant une barrière pour les mammifères moyens.
- Densité de la flore, taille moyenne des arbres, essences (frênes, robiniers, tuyas dans les jardins privés)
- Vestige d'un mur en pisé, avec une brèche à travers lequel passe le sentier.

L'image est située précisément grâce à ses coordonnées GPS, et il est donc possible de la faire figurer sur une carte.

En parallèle de la recherche informative, une démarche esthétique est construite. Ainsi la présentation de ces photographies est susceptible d'être interprétée selon des approches différentes selon le contexte : une mise en perspective technique pour l'aménagement du territoire, Mais un regard esthétique est également favorisé. Ce qui facilite l'éventuelle présentation publique.

Pour finir, voici quelques liens sur des articles traitant des liens entre photographie paysagère et études de territoires :

- Méthode de l'observatoire photographique du paysage

- L'Injonction paysagère (Culture Visuelle)