Camp climat contre l'extraction du charbon - Allemagne

Malgré son avance sur les énergies renouvelables, l'Allemagne est un gros émetteur de gaz à effet de serre dû à l'extraction du charbon, l'une des sources d'énergies les plus émettrices de CO2. À Garzweiler, l'un des bassins houillers de la région de Düsseldorf, les écologistes se rassemblent en un Klimacamp (camp climat), pour peser dans la balance.
La mine à ciel ouvert de Garzweiler, un important gisement de lignite.

Le bassin houiller s'étend à perte de vue. La demi-douzaine d'excavatrices monstrueuses mangent le sol et avalent sans fin des tonnes de terre dans leurs godets. A l'horizon, quelques éoliennes tiennent compagnie à la centrale à charbon qui dégage paisiblement son volute de fumée dans le ciel bleu. A quelques centaines de mètre du précipice qui marque le territoire de la RWE (la compagnie exploitatrice) un village au préalablement vidé, Borschemich, est prêt à être englouti.

Manifestation anti-extractivisme Garzweiler
Les exavatrices de charbon sont parmis les plus gros véhicules du monde.

C'est à proximité de cette zone de 70 km carrés, dans le territoire en sursis vidé de presque tous ses habitants que le camp climat s'est installé. Au programme, formations et ateliers en tout genre, comme une université populaire climatique ou les places sont comptées : il faut s'inscrire en avance, sous peine de se retrouver le bec dans l'eau. Pour les oubliés, ou les adeptes de la pratique, plus que de la théorie, de nombreux groupes de travail nécessaires à la vie du camp recrutent : cuisine vegan, vaisselle, animation des tentes d'informations, etc.

Assez rapidement, une manifestations est organisée pour prendre connaissance du terrain et aller à la rencontre des quelques maisonnées en attente d'expulsion. Ce sont environ 200 personnes qui défilent à travers des villages plus ou moins vides en scandant des slogans tels que "What do we want? Climate justice! When do we want it? Now!", "Let it in the ground" ou encore ""You thought it was oil, but it was blood" en référence à la catastrophe causée par le pétrole dans le delta du Nigeria.

Manifestation dans les rues de Borschemich, village vidé de ses habitants.

A chaque pays sa spécificité. La France a essaimé le concept de décroissance grâce à des penseurs comme Serge Latouche ou de parutions satyriques comme La Décroissance, qui suscite l'intérêt des autres européens. L'Allemagne quand à elle, semble porter l'étendard de l'anti-extractivisme en Europe, qui consiste à faire le raisonnement que nous ne pouvons de toute façon pas exploiter les réserves fossiles que nous avons, sous peine de faire exploser le seuil des 2°C du réchauffement climatique. Dés lors c'est pour cela qu'il faut s'engager : laissons sous terre ces réserves fossiles, n'extrayons pas plus de charbon, de pétrole ou d'uranium.

Borschemich à un jet de pierre du bassin houiller, est un village fantôme.
Les habitants expulsés du village d'Immerath, ont pour partie été relogés à une quinzaine de kilomètres. Toutefois certaines familles n'ont pas pu se reloger ici faute de ne pouvoir payer la différence de prix entre l'ancienne et la nouvelle maison.

Biennale du Design à St Etienne

L'ancienne Manufacture d'armes et Cycle de St Etienne, reconvertie en Cité du Design est le coeur de la biennale. La programmation de cette biennale est marquée par la question du travail et ses mutations en cours et à venir, pour le meilleur et pour le pire.

Extravaillance - Working Dead // Didier Fiuza Faustino, Alain Damasio, Norbert Merjagnan, collectif Zanzibar

Le meilleur, comme la mise en valeur des Tiers-Lieux, ces espaces collectifs créatifs basés sur la philosophie open-source, et situés en dehors de la sphère privée et de l'entreprise traditionnelle.

Et le pire, comme le Digital Labor avec les métiers cachés du net, notre participation invisible à la production de valeur, et le sous-emploi des turcs mécaniques d'Amazon, micro-tâcherons payés en quart de centimes pour finir le travail que les intelligences artificielles ne peuvent pas encore traiter.

Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, Institut Néoténie pour la fin du travail.

Finallement, j'étais très agréablement surpris par cette biennale. Là où je m'attendais à voir des expositions de design industriel tendant vers l'art contemporain un peu creux, j'ai découvert qu'une véritable réflexion sur le travail a été développée, avec des designers qui ont quelque chose à dire. Les artistes s'engagent, et c'est mieux pour tout le monde!

La Biennale Internationnale du Design, c'est à St Etienne du 9 mars au 9 avril 2017.
(N'hésitez pas à faire une visite guidée, c'est un vrai plus!)

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ZAD - Occuper pour protéger

Après deux ans d'interruption de mon travail au long cours sur les ZAD (Zones A Défendre) et autres contestations sur des grands projets d'infrastructure, j'ai repris ce sujet cet été à Bure, site prévu pour l'enfouissement nucléaire français ou les libertaires anti-nucléaires n'entendent pas laisser la main aussi facilement à l'ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radio-Actifs)
"La volupté de destruction est une volupté créatrice" Bakounine

Les opposants à CIGEO (projet d'enfouissement nucléaire) ont gagné une manche au mois d'aout. Le tribunal d'instance de Bar-Le-Duc a rendu illégal le défrichement en cours du Bois Lejuc par l'ANDRA. Cela rend impossible de poursuivre la construction du mur ceinturant ce même bois où les travaux pour l'enfouissement des déchets nucléaires à 500 mètres de profondeur doivent commencer sous peu.

Un appel à rassemblement des anti-nucléaire a été lancé mi-aout, et en l'espace d'un grand week-end, le mur long d'un kilomètre et 400 mètres a été détruit par des opposants survitaminés.
Depuis quelques mois, la médiatisation autour de Bure prend de l'ampleur, et les militants historiques voient venir de plus en plus de monde lors des appels lancés à la mobilisation. Il y avait plusieurs centaines de personnes ce weekend du 15 aout (300 à 400 selon Libération)

La loi Biodiversité en 5 points (et 3 manquements)

40 ans après la loi de 1976, ambitieuse sur la protection de la nature, la toute nouvelle loi biodiversité vient d'être adoptée par l'assemblée nationale. Elle a pour ambition de compléter la législation française pour répondre au contexte écologique critique d’aujourd’hui. Est-elle à la hauteur des attentes?


1 : La création d’une Agence Nationale de la Biodiversité

L'Agence Nationale de la Biodiversité regroupera des acteurs institutionnels pré-existants (l’ONEMA, les parcs nationaux, l’agence des aires marines protégées …). L’ANB aura pour but de coordonner la préservation de la biodiversité et de pallier le manque d’acteur institutionnel d’échelon national sur ce thème. La vrai question est de savoir si le tout apportera un vrai plus à la somme des parties : le budget restant inchangé après fusion de ces différentes institutions.

Calopteryx

2 : De grands principes sont actés :

- Le préjudice écologique (pollueur-payeur) entre dans le code civil. Il ne faisait jusqu’à présent que l’objet d’une jurisprudence.

- Le principe de solidarité écologique qui appelle à prendre en compte dans toutes les décisions publiques, les interactions réciproques entre l’homme et les écosystèmes.

- Le principe de complémentarité entre l’environnement et l’agriculture/aquaculture/sylviculture ouvre un peu plus la porte à l’agrobiologie.

- Enfin celui de non-régression du droit de l’environnement, qui est contesté par des députés LR devant le conseil constitutionnel.

Calopteryx splendens

3 : Des limites posées à la privatisation du vivant et la bio-piraterie

entérinent le protocole de Nagoya signé par la France en 2011. Les points principaux sont :

- Interdiction des brevets sur les produits « issus des procédés essentiellement biologiques »,

- Le libre échange de semences naturelles (anciennes),

- Le juste partage des avantages découlant des savoirs traditionnels (visant particulièrement l’industrie pharmaceutique et cosmétique).

- L’interdiction de vente d’espèces exotiques invasives est également à noter.

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4 : La France prend conscience de son patrimoine maritime

et elle créé la 5ème plus grande zone protégée en mer, ce qui ne dérangera pas grand monde puisqu’elle sera au large des Terres Australes Françaises, des îles qui ne sont habitées que par des scientifiques et des militaires au sud de l’Océan Indien.

D’autres mesures concernent la mer telles que les zones classées de conservation halieutique (ZCH) permettant le renouvellement des stocks de poissons.

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5 : Les pesticides néonicotinoïdes

si dangereux pour les abeilles seront (tardivement) interdits entre 2018 et 2020. Cela laissera le temps aux industriels vendant ces produits d’écouler les stocks et de se tourner vers d’autres molécules.

Pour conclure les 3 manquements importants que l’on aurait aimé voir figurer dans cette loi :

1 : L’huile de palme

Elle restera pour l’instant moins taxée que l’huile d’olive, le lobbying des pays exportateur a bien marché et le gouvernement repousse de 6 mois une remise à plat des taxes sur les huiles alimentaires.

2 : Le chalutage profond

n’est toujours pas inquiété Malgré une prise en compte croissante des milieux marins. Là aussi, les lobbies ont bien fonctionné.

3 : Rien n'empêche la maltraitance des animaux sauvages,

Alors que les animaux domestiques ont récemment acquis le statut d’être sensibles.

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Terre Crûe / Éco-construction

Locale, bon marché, avec un impact environnemental faible, la terre crûe, utilisée depuis des millénaires, revient peu à peu en tant que matière première. Coup d’oeil dans le Nord Isère où une filière se structure.

Pisé, bauge, adobe ou torchis, les techniques de constructions en terre crûes sont multiples. Chaque technique requiert une terre aux caractéristiques bien particulière, plus ou moins argileuse, plus ou moins granuleuse. Comme elle est extraite localement, l’observation de l’habitat traditionnel dans votre région vous donnera un indice décisif sur les qualités de votre terre.

La terre crûe, en opposition à la terre cuite (comme les briques traditionnelles) ont un bilan énergétique bien meilleur lié à l'absence de cuisson, à l'origine locale et à l'absence de production de déchet.

Enduit en terre recouvrant une isolation en paille.

Principalement utilisée aujourd’hui dans la rénovation du bâti ancien, elle présente toutefois une alternative intéressante qui revient petit à petit au goût du jour. Certains architectes, comme Martin Rauch se réappropriant notamment le pisé, dont la texture à la fois lisse et granuleuse, l’aspect brut et le ton chaud, correspond assez bien aux goûts contemporain.

La nature collante de la terre argileuse est la texture recherchée pour le torchis. Le piétinement de celle-ci permet d'intégrer la paille au mélange.

En Isère, un département où l’habitat traditionnel est beaucoup basé sur le pisé, la terre crûe est poussée par des militants convaincus, avec à leur tête le laboratoire de recherche CRATerre de l’école d’architecture de Grenoble (ENSAG), Suivis de près par Amàco (pour Atelier Matière À Construire), qui met en avant un projet pédagogique et des formations basées sur les matériaux durables et locaux. À quelques kilomètres de là, le Domaine de la Terre, ce quartier construit dans les années 1980 est une expérimentation grandeur nature des différentes techniques de constructions en terre crûe.

Construction en pisé (Amàco) Batiment en adobe et pisé.

Inventaire naturaliste

Aux portes des grandes villes, les enjeux environnementaux sont de taille. L’artificialisation des sols impacte la flore et la faune aussi sûrement que le réchauffement climatique. Le Conservatoire Botanique National a annoncé il y a un an, que 23% de la flore est menacée en Rhône-­‐Alpes.

24h naturalistes de la FRAPNA, inventaire de la biodiversité à Chatillon d'Azergue.

Un état des lieux précis des écosystèmes est nécessaire pour connaître celles avec lesquelles nous cohabitons. L’inventaire naturaliste est la première étape pour la protection de la biodiversité. Il permet de savoir où sont les espèces remarquables et quelle est la dynamique des populations.

« 23% de la flore est menacée en Rhône-Alpes »

C’est dans ce cadre que la FRAPNA* à mis en place l’un de ses événement annuel, les 24H naturalistes. Une action qui consiste à rassembler une 30aine d'amateurs et professionnels de spécialités complémentaires (botanistes, entomologistes, …) dans le but d’inventorier les espèces rencontrées, étudier le terrain et effectuer en 24h un premier échantillonnage de la biodiversité pour identifier des espèces remarquables qui n’étaient pas suspectées sur un terrain donné.

Une tente blanche éclairée par des néons permet d'attirer les papillons de nuit pour faire l'inventaire des différentes espèces présentes aux alentours.

Au-­‐delà de cet évènement, ce sont les initiatives de la FRAPNA pour le suivi naturaliste qui pourront être documentés, avec notamment le comptage de mammifères, pièges photographiques et affuts, pour inventorier la grande faune.

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Enfouissement des déchets nucléaires

Que faire de cet encombrant héritage radioactif produit par les centrales nucléaires? Depuis 50 ans, quasiment 50 000 mètres cubes de déchets nucléaires à moyenne ou haute activité à vie longue ont d'ores et déjà été produits en France. Et ils resteront dangereux pendant des dizaines, voire des centaines de milliers d'années. Aujourd'hui la solution retenue est l'enfouissement profond, le stockage en couches géologiques profondes.

Laboratoire de l'ANDRA à Bure, pour tester l'enfouissement de déchets nucléaires
Le très bon documentaire Into Eternity aborde le sujet d'Onkalo, le tombeau nucléaire finlandais. La difficulté est bien sûr d'assurer la sécurité sur ce type de site. Une des plus épineuses question est d'empêcher l'infiltration d'eau qui corrode les paquets nucléaires et se charge en radioactivité puis ruisselle. En Allemagne, dans les mines de sel d'Asse conçues pour stocker des déchets nucléaires de faible et moyenne activité, le problème se pose déjà.
Au USA également, dans un centre de stockage de déchets radioactifs d'origine militaire (WIPP, au Nouveau Mexique) deux incidents consécutifs eurent lieu en 2014, dont un relâchement de particules radioactives dans l'atmosphère, 15 ans seulement après l'inauguration du site.
La quasi impossibilité d'assurer une stabilité sismique sur un laps de temps sans commune mesure est un risque supplémentaire. D'autant plus que les calculs de risques sismiques reposent sur l'analyse des risques estimés passés, alors que la fracturation hydraulique pour l'exploitation du gaz de schiste provoque de nombreux séismes de faible intensité aux USA. il est impossible de garantir qu'aucune action humaine ultérieure ne viendra rompre l'équilibre géologique local. Dés lors, comment pouvons nous être sûr de la sécurité à long terme de ces sites?
Centrale nucléaire du Bugey, vue depuis la nécropole archéologique de Larina.

A l'échelle de ces risques, étant donné le volume de déchets accumulés en 50 années seulement pour un stockage jusqu'à 100 000 ans, la fission nucléaire apparait vraiment comme une énergie du XXème siècle, trop lourde de conséquences pour les bénéfices engrangés. Chaque pays nucléarisé devra gérer ses propres déchets : USA, France, Royaume-Uni, Allemagne, Chine, Japon, Russie, etc. Autant d'enfouissements selon les normes de chacun, autant de trous profonds qui devront rester sûrs pour une durée sur laquelle nous n'avons aucun recul...

Grandes serres tropicales

Les grandes serres tropicales ne sont pas très nombreuses en France, et toujours très impressionnantes. Une dizaine sont suffisamment grandes pour avoir l'impression de pouvoir s'y perdre. Les plus anciennes sont celles du Jardin des Plantes, dans le parc du museum national d'histoire naturelle de Paris (MNHN).

Celles du jardin botanique au parc de la Tête d'Or à Lyon, sont les deuxième en date. Conçues il y a 150 ans par Gustave Bonnet, directeur du Parc de la Tête d’Or, elles furent construites avec une armature en bois. Trop fragiles pour durer, elles furent reconstruites entre 1877 et 1880.

Grandes serres du parc de la Tête d'Or (Lyon)

L'année suivante, se sont celles de Strasbourg qui voient le jour. Mais seules quelques photographies d'époque permettent d'en voir les traces étant donné qu'elles furent détruites par un violent orage en 1958.

Il en existe également à Auteuil, Nice, Bordeaux, mais les dernières en dates et les plus grandes sont probablement celles du zoo de Vincennes, inaugurées en 2014, qui ne sont pas conçues uniquement pour la flore mais également pour la faune.

Grandes serres du jardin botanique de Lyon

Si aujourd'hui les buts sont clairement la préservation de la biodiversité (et l'agrément), historiquement les premières serres tropicales correspondent à l'époque de la colonisation. Le but de leurs construction était l'acclimatation des espèces (animales et végétales) au climat local, pour pouvoir exploiter ces espèces rares localement et ainsi s'affranchir de la contrainte de la distance pour l'approvisionnement (d'où l'expression "jardin d'acclimatation" ou "jardin colonial").
Le plus bel exemple d'acclimatation est probablement l'Orangerie du palais de Versailles, qui approvisionnait la cour du Roi Soleil en agrumes. Puis avec les grandes serres c'est la maîtrise du climat qui devient possible. La construction de celles-ci coïncida plus ou moins avec le début de la grande odyssée des espèces invasives qui marquent notre époque.

Toutes les photos ont été faites au Rolleiflex 3,5F Planar, sur film TriX.
Serre des agaves au jardin botanique de Lyon

Lyon Part-Dieu - Pentax 67

J'ai fais prendre l'air à mon Pentax 67 (moyen format argentique) pour une série d'architecture à Part-Dieu. Un gros projet d'urbanisme vise ce quartier d'affaire central à Lyon. L'évolution devrait être assez flagrante dans les années qui viennent.

Environnementalement la construction de hautes tours de bureaux est discutable de par la dépense énergétique et de ressources que cela induit. En parallèle se pose la question de la densification des centres villes nécessaire pour lutter contre l'étalement urbain.

En accord avec l’amendement du projet de loi "pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages" les toits des zones commerciales devront être végétalisées. Les avantages sont multiples :
-Protection de la biodiversité
-Isolation thermique
-Lutte contre les îlots de chaleur

En effet, lors des canicules on observe plusieurs degrés d'écart entre une zone urbaine végétalisée ou une avenue bordée d'arbres, et un quartier ou le béton et le bitume accumulent et restituent la chaleur.

Le parking du centre commercial Part-Dieu (photo) ne fera pas exception à la règle et sera végétalisé, au moins en partie.

Pentax 67 + Takumar 105mm f2,4 + 55mm f4
Film diapo Provia 100F
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L'évènement Anthropocène

« Ce dont l’Anthropocène est le nom » est le titre de la première partie de ce livre, dressant un tableau de l’aspect géologique de cet événement total qu’est l’impact de l’homme sur sa planète.

"Ce qui nous arrive n’est pas une crise environnementale, c’est une révolution géologique d’origine humaine."

Le Pléistocène est l’époque des tigres à dents de sabre et des mammouths. L’Holocène, lui a succédé il y a 10 000 ans, et nous pensions encore être dans cette ère jusqu’à ce que l’on découvre les impacts de l’humanité dans les strates géologiques, les glaces, les sédiments.

L’Anthropocène c’est principalement l’ère du pétrole et des énergies fossiles, du plastique et des métaux, de la chimie et des nitrates. Ainsi commence le livre de Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, historiens au CNRS, qui vont éclairer d’un nouveau jour l’impact de la révolution thermo-industrielle depuis le XIXème siècle, en s’attardant sur la «grande accélération» après la deuxième guerre mondiale.

Toutes les courbes montrent une rupture à la moitié du XXème siècle. Sur des données aussi variées que la population mondiale, la consommation de papier, la consommation d'engrais, les grandes inondations, les investissements directs étrangers...

Les auteurs démontrent d'ailleurs que dés la première révolution industrielle, des visionnaires s'élevaient pour interroger un changement nocif. Eugène Huzar en 1857 :

"Dans cent ou deux cents ans le monde, étant sillonné de chemins de fer, de bateaux à vapeur, étant couvert d'usines, de fabriques, dégagera des billions de mètres cubes d'acide carbonique et d'oxyde de carbone, et comme les forêts auront été détruites, ces centaines de billions d'acide carbonique et d'oxyde de carbone pourront bien troubler un peu l'harmonie du monde"

La troisième partie de ce livre essaye de mettre un nom sur les raisons principales de cet état de fait : Thanatocène l'impact des guerres mondiales, leurs contributions aux armes chimiques, à l’extractivisme de charbon puis de pétrole, à la technologie nucléaire. Phagocène parle de notre désir de consommation qui nous pousse à toujours vouloir plus, comme si la source était intarissable et les déchets inexistants. Thermocène une histoire politique du CO2, etc.

Le livre ne vient pas de sortir, il date de 2013. Je l'ai lu il y a un an, et je dois dire qu'il m'a marqué!
Facile à lire, 272 pages, édité chez Seuil, dans la collection Anthropocène qui est dirigée par l'auteur de ce livre.

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Commémoration des attaques de Paris

Un mois après, presque jour pour jour, après les attentats de Paris, les bougies sont toujours présentes sur les marches de l'hôtel de ville de Lyon, place des Terreaux. Des personnes s'arrêtent encore pour en rallumer et se recueillir.

Commemoration des attaques terroristes de Paris
Suites aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris, la Fête des Lumières qui rassemble ordinairement des millions de visiteurs à Lyon, à été annulée suite au déclenchement de l'état d'urgence en France. L'évènement du 8 décembre a été remplacé par un hommage aux victimes des attentats.
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Do It Yourself (DIY) et photographie

Le Do It Yourself est un mouvement ou le consommateur, également acteur, ne se contente plus de consommer un bien, mais participe notamment à sa conception, à sa réparation, et à son recyclage.

En ce qui concerne la photographie, l'usage de l'argentique, notamment le développement du noir et blanc en labo, permet de s'équiper à faible coût et de maîtriser la création d'images de A à Z. Pour les puristes du DIY, une recette de produit chimique est même disponible pour faire du révélateur a partir de produits du quotidien : le Cafénol (à base de café soluble et de vitamine C)

sous le capot du Nikon FM / DIYReparation du Nikon FM

Depuis le début d'année, je me suis intéressé au démontage et à la réparation d'appareil, dans un but d'entretien de mes appareils reflex (Olympus, Nikon, Canon, ...) qui avaient bien tournés pour la réalisation de ce travail. Au bout de quelques mois de pratique hebdomadaire, et avec l'aide de quelques forums et autres fondus de l'argentique, j'ai enfin pu réparer des pannes simples telles que le gommage d'un diaphragme, le nettoyage de champignons sur les surfaces optiques, resouder un fil électrique qui avait lâché sur la cellule d'un boitier...

Un minimum d'outillage est nécessaire à un démontage en règle, ainsi qu'un boitier à sacrifier pour la première tentative.

- Une cuvette, pour éviter aux vis minuscules de rebondir sur 15 mètres carré de carrelage
- Des tournevis de précision
- Un spanner pour les optiques
- Une lampe frontale
- Des pinceaux pour le nettoyage des petites pièces et de l'intérieur du boitier
- Un fer à souder
- Des pinces
- Des mousses d'étanchéité à la lumière
- Un coquetier pour tenir les optiques verticales pendant une opération à ventre ouvert, sans abimer les lentilles. Ou pour mettre de l'essence F et nettoyer les lamelles d'un diaphragme.

A partir de là, il suffit de s'armer de patience, d'un éclaté de l'appareil en question, et de conseils avisés, pour tenter la première opération chirurgicale...

Naomi Klein - Tout peut changer

Il y a un mois ou deux, sortait Tout peut changer (This Change Everything, en anglais) le nouveau livre de la très engagée Naomi Klein, célèbre journaliste canadienne d'investigation, qui après No Logo et La Stratégie du Choc, a écris ce livre sur les rapports entre capitalisme et changement climatique.

Ce livre est à l'image des précédents : c'est un pavé. 596 pages dont 66 de notes et références qui assoient la crédibilité des recherches menées par l'auteur.

Tout peut changer, This Change Everything, de Naomi Klein

Je n'en suis pour l'instant que dans les 150 premières pages. C'est à dire au début à l'échelle d'un livre comme celui-ci. On retrouve le même style d'écriture que dans La Stratégie du choc, où les arguments sont étayés et traités les uns après les autres, afin de brosser une grande vision d'ensemble de la thèse avancée, jusqu'à en avoir une vision globale.

Naomi Klein démonte petit à petit les mécanismes de lobbying des grands groupes, et les manières de faire de ceux qu'elle appelle les fondamentalistes du marché. Elle met dans la balance d'un coté le contenu incitatif des traités environnementaux, et de l'autre le cadre contraignant de l'OMC. Elle donne en exemple les initiatives publiques de soutient aux énergies renouvelables qui ont été démantelées à cause des règles de libre concurrence, le marché favorisant l'usage du charbon chinois pour produire des panneaux photovoltaïques à faible coût, ce qui empêche l'émergence d'autres constructeurs a des échelles plus locales.

J'écrirais une autre note de blog lorsque j'aurai plus avancé dans la lecture dulivre.

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Premières notes

Ça y est, je relance un blog! On est loin du Bloc-notes évolutif et polymorphe que je tenais il y a 5 ans lorsque je suis arrivé à Lyon! Aujourd'hui j'ai pris le tournant environnemental, j'ai décidé de me spécialiser pour m'ouvrir des perspectives.

J'ai pris cette décision parce que je me sentais de plus en plus déconnecté avec la manière de travailler : courir après les politiques et les réunions publiques, sans grande conviction sur le fond, en ayant l'impression d'alimenter les nouveaux chiens de garde, ou produire des reportages exigeants qui avaient du mal à trouver preneurs, crise de la presse oblige!

Parcours éducatif à la Réserve Naturelle du Marais du Vigueirat (Arles - Camargue)

Au fil de mes lectures (dont je vous parlerai dans ce blog) il m'a paru de plus en plus évident de me spécialiser sur l'environnement. Ce thème était l'un des rares qui avait encore du sens pour moi, et le sujet était relativement peu traité malgré les nombreuses urgences écologiques : acidification des océans, raréfaction dramatique des poissons, menaces généralisées sur la biodiversité, changement climatique, etc. La question étant de documenter cela, tout en minimisant l'impact de mes actions : Est-ce que cela vaut vraiment la peine de consommer une tonne de CO2 pour un reportage sur un autre continent? N'y a t'il pas suffisamment à documenter en Europe de l'Ouest?

Lézard vert (Lacerta bilineata) - Réserve Nationale du marais du Vigueirat (Arles - Camargue)

J'ai donc appris, et je continue d'apprendre, pour pouvoir répondre aux attentes les plus larges possibles sur ces sujets, tout en étant à la pointe de ce que je peux offrir, de manière créative et technique.


Je vous invite donc à venir régulièrement sur ce blog pour un suivi hebdomadaire : des partages d'images, des conseils de lectures, et j'espère bien quelques découvertes à la clef!